nous naissons tous mortels

L’une des choses les plus marquantes qui m’ait été racontée, c’est que nous naissons tous mortels.

nous naissons tous mortels

Avant que mon grand-père mourrut il m’a donné une lettre intitulée « Nous naissons tous mortels. » C’est une vraie histore de la manière dont mes grands parents se sont rencontrés. Mais c’est aussi une histoire du Québec et un très bon conseil sur comment vivre votre vie.

Nous naissons tous mortels

Nous naissons tous mortels c’est aussi l’une des premières choses que ma femme m’a dite.

J’étais un journaliste travaillant sur place lors de la grève des employés cotonniers en 1946. Je venais de finir mes études et souhaitais me bâtir une réputation de journaliste honnête. Je fus particulièrement intéressé par cet événement puisque ma mère fut l’une des employées qui rejoignit les manifestants lors de la grève de 1937 à Montréal. En outre, cette grève dura deux fois plus longtemps qu’à l’époque de ma mère. Les événements véritablement marquants eurent lieu à Salaberry-de-Valleyfield. Là-bas, l’usine était la principale industrie et, de fait, faisait la loi. Le gouvernement déclara la grève illégale, les communes rassemblèrent des briseurs de grève et 250 policiers armés de mitrailleuses afin de leur faciliter le passage.

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J’approchais de la fin de ma deuxième semaine à Valleyfeild, lorsque des familles apportèrent avec eux leurs enfants afin de montrer leur soutien. La police répliqua à cette foule de 5 000 personnes à l’aide de bombes lacrymogènes*, de nombreux protestataires leur répondirent en lançant des pierres. Je ne sais comment mais je me suis retrouvé au beau milieu de la foule voyant mal car j’avais les yeux remplis de larmes. Je remarquai un homme enragé projetant des œufs sur tout ce qu’il pouvait. Je m’élançai dans la foule afin de secourir une belle femme aux longs cheveux noirs, mais nous nous retrouvâmes tous deux couverts de cette masse gluante malgré mon acte chevaleresque. Nous nous tenions là, dégoulinants lorsqu’elle se mit à rire, un rire contagieux qui me poussa à lui offrir l’opportunité de se laver chez moi, à quelques pâtés de maisons. J’ignorais encore que cet acte d’héroïsme et de gentillesse enflammera mon esprit du brûlant feu de l’amour. Jusqu’à ce jour, je ne faisais que vivre.

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Il était 14 heures lorsque couvert d’œuf et d’autres substances nauséabondes, nous entrâmes chez moi. Je ne connaissais toujours pas son nom, mais je lui ai dit qu’elle pouvait utiliser la douche et que j’utiliserai l’évier de la cuisine. Par chance, je finis avant elle et levant la voix afin qu’elle puisse m’entendre, je lui demandai si elle avait faim. Elle me répondit en me demandant ce que j’avais à proposer. Étant célibataire et mangeant rarement chez moi, je n’avais que des œufs à offrir.

Alors que cette belle femme aux cheveux de jais sortit de ma douche, portant une de mes chemises de soirées et tenant une serviette d’une main essayant en vain de l’attacher modestement autour de sa taille*, j’eus le souffle coupé et elle me dit «*J’espère que cela ne te dérange pas, je suis propre maintenant mais il n’en est pas ainsi pour mes vêtements*, aurais-tu une paire de pantalons à me prêter*?*» Je la dévora des yeux, en partant de sa longue crinière noire, en passant par le décolleté plongeant de ma chemise boutonné à la hâte, jusqu’aux jambes magnifiques dépassant de ma chemise de tous les jours. Elle n’était plus simplement blanche mais blanche comme de la neige. Cette si belle image était restée en moi. Elle se rapprocha directement de moi, bouche ouverte, des œufs dans la main*. Doucement, elle glissa sa main sous ma mâchoire béante et me referma la bouche tout en répétant ses paroles. Revenant à moi, je compris enfin le sens de ses mots. C’est alors que rouge de honte je partis lui chercher une paire de pantalons. Elle se mit à préparer les œufs que je n’avais même pas encore cassés pendant que je retrouvais mon sang-froid, préparais du café et récupérais du pain sec afin de faire des toasts.

nous naissons tous mortels

Lors de notre repas improvisé, nous parlâmes et rigolâmes ensembles. Le temps passa et nous continuâmes à apprendre à nous connaître. A un moment, vers 22h30, la conversation fit place à un baiser et nous tombâmes amoureux. Comme aucun de nous deux vivait encore à la maison et que l’idée d’être séparés nous était insupportable, nous nous mariâmes.

Quand nous faisions l’amour, ce fut avec une passion sans égal. Après coup et la joie des caresses amoureuses*, elle dit cette phrase qui me changera pour toujours «*à partir de notre naissance, nous passons chaque moment de notre vie à mourir*». C’est trop vrai nous naissons tous mortels.

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Plusieurs aventures plus tard, notre couple devint une famille : de petits-enfants succédèrent aux enfants ainsi que de nombreux merveilleux souvenirs. Un jour, je dus dire au revoir à cette beauté aux cheveux de jais lorsqu’elle finit par rendre l’âme. Mais mon deuil n’est que temporaire car je sais que mon temps sans elle sera de courte durée, puisque après tout «* nous naissons tous mortels*».

Si vous tuez une ordure de chef d’Etat et que vous le remplacez par un autre, en un rien de temps son remplaçant deviendra rien d’autre qu’une autre ordure. Cela n’importe donc pas vraiment qu’il y ait des révolutions, des régimes politiques, des salopards d’agents de change, des anti-chrétiens de naissance, etc… A la fin, tout finit de la même manière. Aussi, la seule chose que vous pouvez faire c’est vivre pour une émotion*, celle de l’amour.

Il n’existe que deux émotions:l’amour et la peur. La haine, la colère, la joie, l’extase, et les autres ne sont que des variantes de l’amour et de la peur. Elles existent dans chacun de nous.

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La peur ne peut cependant exister là où il y a de l’amour. La peur est comme l’obscurité dans une pièce et l’amour est une allumette qui éloigne les incertitudes du noir. Il est inutile de dire que j’aime/aimais, tellement ma femme que j’ai perdu toute crainte de la mort. Je n’ai pas peur de la mort car j’ai découvert que le prêtre qui nous a mariés avait tort. Ce n’est pas jusqu’à que la mort nous sépare, car même maintenant que mon épouse est partie, je la sens encore auprès de moi. Ceci est un exemple du merveilleux pouvoir de l’amour.

Alors quand vous regardez tous ces chefs d’Etats, ces publicités… souvenez-vous que tout ce qu’ils font c’est utiliser la peur afin de vous manipuler à leur profit. Mais si vous aimez tout le monde et toute chose, ils perdent tout pouvoir sur vous. Aimer tout le monde et toute chose est facile lorsque vous comprenez que nous naissons tous mortels.

– Mon Grand-père

Merci mon grand-père et je n’oublierai jamais que nous naissons tous mortels

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